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TENDANCE: Le grand retour de la vente en vrac

Alors qu’il s’agit du mode de consommation de référence dans les pays en développement, la vente de denrées alimentaires en vrac avait pratiquement disparu dans les pays comme la France. Dans les années 50, le vrac était le système de distribution par excellence. On trouvait de la farine, du café, du lait, de la moutarde et même des cornichons vendus au poids auprès de petits commerçants. Avec l’avènement des supermarchés au début des années 60, l’heure est au libre-service, les produits sont désormais vendus préemballés dans des contenants individuels. Jugée non-compatible avec ce nouveau mode de distribution, la vente en vrac est rapidement abandonnée (à l’exception du rayon fruits et légumes). Mais depuis quelques années, ce mode de vente revient sur le devant de la scène et de nombreux acteurs s’emparent de ce nouveau marché.

Un marché en développement

Les initiatives se multiplient dans l’hémisphère nord, notamment en Europe et aux États-Unis, ou la prise de conscience des enjeux alimentaires se fait de plus en plus forte. En France, de nombreux consommateurs adoptent une démarche plus respectueuse de l’environnement en changeant leurs habitudes alimentaires. Avec l’interdiction de l’usage des sacs plastiques dans la grande distribution entrée en vigueur en juillet 2016, le consommateur doit apprendre à anticiper ses achats. Cette nouvelle loi met un pied à l’étrier à la consommation en vrac qui nécessite une logistique plus importante, en encourageant le consommateur à prendre ses propres contenants pour se servir en magasin. La réappropriation du vrac répond à ce besoin d’authenticité du « consom’acteur » d’aujourd’hui : consommer des produits bruts, acheter la juste quantité de produit et réduire son impact écologique.

Crise économique et démarche environnementale

Dans un contexte de crise économique et de prise de conscience des enjeux écologiques, la consommation en vrac apparait comme une alternative au modèle dominant pour le « consom’acteur » engagé. En achetant la juste quantité, le client consomme généralement la totalité du produit, le risque est donc moindre qu’une partie finisse à la poubelle. Économiquement, l’achat en vrac permet d’alléger sa facture avec un prix au kilo affiché de 10 à 45% inférieur aux produits préemballés1. Le vrac permet également de réduire l’impact environnemental des emballages qui accompagnent la plupart des produits de consommation d’aujourd‘hui. Ce mode de consommation répond aux préoccupations des consommateurs et tend à se développer dans les années à venir.

Les acteurs se positionnent

En tête de la chaine de distribution de produits alimentaire vendus en vrac, se trouve le producteur. Celui-ci doit être en mesure de garantir la conservation de ses produits (denrées sèches) à l’air libre et à température ambiante. Les contenants vont de 500g à 25kg et permettent de stocker les produits en toute sécurité dans les réserves des points de distribution. Historiquement, les magasins bio ont été les premiers à proposer un rayon vrac à leurs clients, ils ont rapidement été rejoint par la grande distribution avec des initiatives dans la plupart des enseignes. Auchan, Carrefour, E. Leclerc, Les Mousquetaires, Système U, Monoprix ou encore Casino ont tous un ou plusieurs magasins en France avec un rayon vrac. Aujourd’hui, des enseignes spécialisés exclusivement consacrées à la vente en vrac voient le jour. C’est le cas de la chaine « Day by Day », le premier réseau d’épicerie 100% vrac qui compte 24 magasins en France.

L’Association Zéro Waste France qui porte la démarche « Réseau Vrac » a développé une application smartphone (ConsoVrac) qui permet au consommateur de trouver une boutique spécialisée près de chez lui. On compte aujourd’hui plus de 40 magasins 100% vrac en France2 et l’association a recensé pas moins de 300 projets sur l’ensemble du territoire, dont environ 60 qui ouvriront courant 2016. De belles perspectives de développement pour ce mode de consommation remis au goût du jour !

Sources :

1 Etude ADEME « La vente en vrac – Pratiques & Perspectives » - novembre 2012

2 reseauvrac.fr

 

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