Le don alimentaire, une solution pour réduire le gaspillage alimentaire
Le gaspillage alimentaire, sources et débats.
Une définition commune à tous les acteurs de la lutte contre le gaspillage alimentaire est nécessaire afin de rendre les discours compréhensibles et uniformes. Le premier organisme à l’avoir formulé est la FAO (Food and Agriculture Organization), mentionnant que le gaspillage alimentaire concerne « les produits potentiellement destinés à l’alimentation humaine qui sont perdus ou jetés tout au long de la chaîne alimentaire ».
Dans le cas des fruits et légumes, les causes peuvent être diverses : raisons économiques, esthétiques ou encore de calibrage. Tous les acteurs de la chaîne alimentaire sont concernés par le gaspillage : de la production à la consommation. Alors qu’il touche principalement l’aval de la chaîne dans les pays industrialisés (distribution), l’agriculture est plus fortement confrontée aux pertes dans les pays en voie de développement, dû à des conditions de stockages limités.
Cependant, les pertes agricoles ne sont pas nulles dans les pays industrialisés et plusieurs facteurs sont mis en causes : climat, maladies, saturation du marché, comportement et attentes des consommateurs changeants.
En Ile-de-France, de nombreux organismes se sont emparées de la question, souhaitant apporter des solutions concrètes : l’ORDIF, le CERVIA, l’INRA, l’ADEME… Le don alimentaire apparaît comme une des alternatives au gaspillage. Présentation:
Le don alimentaire contribue à réduire le gaspillage
Par définition, le don consiste à céder gratuitement, avec ou sans réduction d’impôt un bien à une personne ou un organisme de droit moral. Le don de fruits et légumes est un don en nature, généralement destinée à l’aide alimentaire. Une procédure stricte doit être respectée.
Afin de bien organiser le don, il est nécessaire de nommer un responsable « don alimentaire ». Pour les exploitations agricoles, un appui auprès des antennes syndicales régionales ou des chambres d’agriculture peut être préconisé. Le tri des produits à donner doit être organisé par l’exploitation agricole, dans des conditions d’hygiène réglementaires. Le don en nature peut être défiscalisé. Les entreprises agricoles ayant recours au don peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt à hauteur de 60% des dons et dans la limite de 5/1000 de leur chiffre d’affaires. Pour ce faire, le donateur doit remplir une déclaration en estimant la valeur du stock. L’association réceptionnaire signe alors le document une fois le don sorti. Cette attestation constitue le justificatif pour la défiscalisation et la traçabilité des produits. Aussi, chaque exploitant est responsable des produits alimentaires destinés à être donné. En cas d’alerte sanitaire, il doit être en mesure de transmettre à l’association tous justificatifs en règle.
En cas de saturation du marché ou de mauvais calibrage, les exploitants agricoles peuvent être amenés à retirer du marché des fruits et légumes sains et consommables. Ils peuvent alors proposer à des associations de venir récolter, trier et conditionner sur l’exploitation les produits restant, à destination d’associations caritatives. C’est ce que l’on appelle le glanage. Ce dernier doit être encadré par des associations ou des filières d’insertion, et doit respecter une charte d’engagement négociée avec le producteur.
Toutes les modalités du don alimentaire sont regroupées dans un guide rédigé en 2009 par l’ANIA et la FCD. Aussi, l’association SOLAAL œuvre au quotidien à la mise en relation entre donateurs des filières agricoles et les associations d’aide alimentaire. Une fiche technique a également été rédigé à cet effet.
Les institutions publiques s’engagent pour structurer le don alimentaire.
En avril 2016, les Chambres d’Agriculture d’Ile-de-France et le CERVIA ont conjointement lancé une étude, co-financée par la DRIAAF, pour évaluer le potentiel des dons agricoles sur le territoire afin de définir des solutions logistiques. Une enquête a été réalisée auprès des producteurs de fruits et légumes franciliens, afin de connaître leurs opinions et leurs expériences sur le don agricole en cas d’invendus. Cette enquête a permis de collecter des données chiffrées pour quantifier les gisements sur le territoire.
Ce sont 47 producteurs franciliens qui ont été interrogés, répartis aux quatre coins de l’Ile-de-France. Il en ressort les premiers éléments suivants* :
- La majorité des producteurs sont favorables au don.
- La plupart ont conscience de la quantité de leurs invendus
- Sur 47 interrogés, 29 producteurs ont déjà donné à des associations d’aide alimentaire.
- Parmi les agriculteurs donateurs, certains souhaitent que l’association vienne récolter et sont favorables à l’accueil du public. D’autres sont d’accord pour livrer directement l’association, mais l’aspect logistique ne semble pas être pris en considération.
- Les agriculteurs sont rarement au courant des avantages fiscaux que peut entraîner le don.
De par cette étude, il ressort un réel potentiel pour le don comme solution de réduction du gaspillage. Aujourd’hui, les agriculteurs sont favorables à la démarche, certains le pratiquent déjà, d’autres sont ouverts à des solutions. Il reste cependant une marge de progression conséquente, notamment sur l’éducation et la connaissance des pratiques, mais aussi sur la logistique, frein majeur en Ile-de-France pour cause d’un trafic complexe.
Vous souhaitez être informé plus précisément ? Contactez le CERVIA Paris Ile-de-France.
*Etude CERVIA Paris Ile-de-France / Chambre d’Agriculture d’Ile-de-France Mars – Aout 2016


